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La truffe en questions
 

Plantation
A quelle période de l’année peut-on planter des plants mycorhizés par la truffe ?
Quel est le nombre minimal de plants qu’il faut planter pour avoir des truffes ?
Comment puis-je faire pour savoir si mon terrain est propice à la culture de la truffe ?
Est-ce qu’il faut apporter, à la plantation, du terreau ou un autre fertilisant ?
Peut-on mélanger plusieurs essences d’arbres mycorhizés par la truffe ?
Doit-on mettre une pierre plate au fond du trou pour freiner le pivot du plant ?

Culture
Peut-on utiliser un désherbant chimique dès la 1ère année ?
Le paillage plastique ne nuit-il pas au champignon ?
Doit-on tailler les plants la 1ère année ?
Peut on utiliser l’eau de la ville pour arroser les truffiers ?
L’irrigation est-elle indispensable pour produire de la truffe ?
Est-ce que je dois tenir compte de la lune pour mes interventions ?

Récolte
A partir de combien d’années peut-on espérer avoir les premières truffes ?
Quel est le rendement que je peux espérer dans ma truffière ?
Faut-il avoir obligatoirement un chien pour récolter des truffes ?
Le brûlé est-il annonciateur de la truffe ?

Généralités
Est-ce que vos semences proviennent d’arbres producteurs ?
D’où proviennent les truffes que vous utilisez pour mycorhizer vos plants ?
Est-ce que vous vendez des plants de plus de 2 ans ?
Est-ce que vous vendez des plants clonés ?

Est-ce que vos plants sont contrôlés un par un ?
Est-ce que je peux vous acheter 1 plant ?
Est-ce que vous vous déplacez sur le terrain pour me conseiller avant la plantation et ensuite pour l’entretien ? Est-ce payant ?
Est-ce que vous garantissez la reprise de vos plants ?
Est-ce que vous garantissez une production de truffes sur vos plants?
Est-ce que vous pouvez me faire des plants sur-dosés en truffe, à 3 grammes/plant pour doper les plants en mycorhization et espérer une production plus rapide ?

Est-ce que vous proposez des plants champions ?
Pouvez-vous m’indiquer si votre méthodologie actuelle de mycorhization prend en compte les avancées de la recherche, concernant le décryptage du génome ?
Est-ce que vous recommandez de réensemencer vos plants à la plantation ?

 

Plantation
A quelle période peut-on planter des plantsmycorhizés par la truffe ? [ haut ]
« À la sainte Catherine, tout prend racine » dit le dicton ; la sainte Catherine tombe le 25 Novembre. Une plantation d’automne est toujours préférable à une plantation de printemps: Les arbres sont en repos végétatif et la transplantation est meilleure. Les plants déjà installés pendant l’hiver démarrent plus vite au printemps et souffrent moins d’un manque d’eau ultérieur.
Exception faite pour le chêne vert : en situation gélive, on préfèrera attendre la fin de l’hiver car cette essence ne marque pas de véritable repos végétatif.
D’une manière générale, on évitera de planter en période de fort gel et sur un sol mal ressuyé.


Quel est le nombre minimal de plants qu’il faut planter pour avoir des truffes ? [ haut ]
Il n’y a pas réellement de quantité minimale d’arbres à planter pour créer une truffière.
Néanmoins, si l’on veut augmenter les chances de succès, il est bon d’installer une dizaine d’arbres qui reproduiront un bosquet avec une ambiance mycélienne : les fructifications se déclencheront d’autant mieux.


Comment puis-je faire pour savoir si mon terrain est propice à la culture
de la truffe ? [ haut ]
D’abord déterminer si votre terrain est, ou non, calcaire ; il existe pour cela une méthode simple : c’est le test à l’acide chlorhydrique ; préparez une solution composée à moitié d’acide du commerce et moitié d’eau ; versez-en quelques gouttes sur le sol et si cela provoque une effervescence, c’est que votre terrain est calcaire et doit en principe convenir. Ensuite, une analyse de sol doit confirmer cette première approche
(cf. chapitre « Plantez »).

Est-ce qu’il faut apporter, à la plantation, du terreau ou un autre fertilisant ? [ haut ]
Surtout pas ! Les terreaux du commerce sont en général acides et porteurs de champignons pathogènes néfastes à la truffe. Pour les fertilisants, il en va de même, à cause du risque de brûler les systèmes racinaires ; de plus, on ne cherche pas en trufficulture à faire pousser les plants trop vite.S’il vous manque de la terre dans le trou de plantation, prenez-en à côté dans la truffière !

Peut-on mélanger plusieurs essences d’arbres mycorhizés par la truffe ? [ haut ]
On peut mélanger plusieurs essences d’arbres truffiers mais en séparant les espèces (chênes entre eux, noisetiers entre eux…). Il faut donc faire des blocs homogènes, en fonction des exigences de terrain de chaque espèce (les chênes verts dans la zone plus sèche et moins gélive, à l’inverse des pubescents…).
Ce regroupement par espèce permet de traiter chacune d’elle spécifiquement pour régler des problèmes de parasitisme (par exemple : oïdium sur chênes pubescents).


Doit-on mettre une pierre plate au fond du trou pour freiner le pivot du plant ? [ haut ]
Mettre une pierre plate au fond du trou de plantation part d’une bonne intention puisque ce que l’on recherche en trufficulture, c’est l’étalement du système racinaire.
Mais cela provoque une gêne à l’enracinement du chêne qui a un système racinaire pivotant. On a constaté, sur le terrain, que le pivot contournait cette pierre plate pour replonger plus loin ; cette pratique est donc inutile !


Culture
Peut-on utiliser un désherbant chimique dès la 1ère année ? [ haut ]
Comme nous le recommandons dans notre chapitre « Plantez », mieux vaut être écolo avec la truffe. Un bon sarclage manuel au pied des arbres leur sera bien plus favorable ! Même si l’utilisation d’un désherbant de contact peut rendre service lorsqu’on a une plantation importante et qu’on s’est laissé dépasser par le temps.

Le paillage plastique ne nuit-il pas au champignon ? [ haut ]
Nous avons de très belles références de production sous paillage plastique, et, à priori, il n’y a pas de risque à l’utiliser, au contraire : cela supprime le travail d’entretien au pied des arbres puisque l’herbe ne pousse plus, et permet aussi de limiter l’évaporation en été. Attention toutefois en sol asphyxiant (utilisez plutôt des plastiques tressés) et gare aux mulots qui aiment bien nicher dessous !

Doit-on tailler les plants la 1ère année ? [ haut ]
La taille ne doit intervenir qu’à la 2ème année ; elle consistera essentiellement à supprimer les rejets et à dégager la base du tronc en ayant pour objectif de former un cône renversé (voir chapitre «Cultivez »)

L’irrigation est-elle indispensable pour produire de la truffe ? [ haut ]
Dans le chapitre « Cultivez », nous mettons l’accent sur le fait que la truffe est un champignon à qui, comme pour tout champignon, il faut certes de la chaleur, mais aussi de l’humidité. « Un été sans pluie donne un hiver sans truffe » ; mais gare aux excès et n’oublions pas que Tuber melanosporum est xérothermophile : elle aime la chaleur, mais elle résiste mieux à la sècheresse qu’à l’excès d’eau. Alors, prudence !
.
Peut on utiliser l’eau de la ville pour arroser les truffiers ?
[ haut ]
L’eau de la ville peut être utilisée pour arroser les truffiers : c’est elle que nous utilisons pour l’élevage de nos jeunes plants.
Attention quand même qu’elle ne sente pas le chlore à plein nez !
Rien ne vaut malgré tout l’eau de source, de puits, ou la pluie recueillie par ruissellement.

Est-ce que je dois tenir compte de la lune pour mes interventions ? [ haut ]
C’est une question que l’on nous pose souvent lors de la plantation et au moment des interventions importantes en trufficulture, comme la taille ou le travail du sol.
Effectivement, nous savons que la lune a une influence sur les végétaux et les êtres vivants en général. Les « anciens », fins observateurs de la nature, en parleraient mieux que nous.
Alors, respectons le cycle de la lune quand on le connaît. Mais, pour nous, la meilleure règle est de réaliser les interventions dans les meilleures conditions possibles, à commencer par planter sur sol bien préparé, ressuyé et non gelé, et en temps utile.

Récolte
A partir de combien d’années peut-on espérer avoir les premières truffes ? [ haut ]
C’est très variable…Si tous les atouts ont été réunis (terrain, précédent cultural, plant mycorhizé, entretien cultural, micro aspersion….), vous devriez commencer à produire dès la 7ème ou 8ème année et quelquefois plus tôt avec le noisetier et le chêne vert (5 ou 6 ans).

Quel est le rendement que je peux espérer dans ma truffière ? [ haut ]
En matière de rendement, nous préférons être prudents et éviter les miroirs aux alouettes. Il n’y a rien de certain dans ce domaine des champignons souterrains, contrairement aux productions fruitières par exemple…Le terrain et les conditions météo de l’année sont là pour déterminer pas mal de choses ! Il y aura toujours des années avec et des années sans…Mais c’est vrai que la truffe, ça peut rapporter gros ! , un complément, pour la retraite…
Pour vous donner des chiffres, sur terrains maigres, on peut tabler sur 5 à 10 kilos par hectare, et, sur terrains fertiles, entre 20 et 30 kilos, voire plus, nous a-t-on souvent signalé !

Faut-il avoir obligatoirement un chien pour récolter des truffes ? [ haut ]
Il existe d’autres moyens que le chien pour récolter la truffe. Nous les présentons dans le chapitre « Récoltez » de notre site. Mais le chien reste le moyen le plus pratique, le plus sûr et le plus efficace pour caver. Ce n‘est pas très difficile de dresser un chien soi-même ; nous vous conseillerons pour cela !

Le brûlé est-il annonciateur de la truffe ? [ haut ]
L’histoire du brûlé est assez mystérieuse…Cette disparition de toute végétation au pied des arbres serait due à l’activité du champignon qui créerait dans le sol un déficit hydrique important et aurait en même temps une action herbicide. Les chercheurs n’ont jamais pu isoler de molécules herbicides pour s’en servir comme désherbant….
Ce brûlé est pratiquement toujours annonciateur de la truffe ; n’en doutons pas, dès lors que le plant a été mycorhizé et que rien n’est venu contrarier sa mycorhization d’origine ; en général, il apparaît 2 à 3 ans avant l’entrée en production et cela réconforte le planteur (et le pépiniériste !). Alors, un peu de patience, la récolte est proche…
Mais il peut exister des brûlés sans truffe, parce qu’il n’y a pas que la truffe qui donne naissance à un brûlé ; d’autres champignons peuvent le faire ; on parle de brûlé stérile ! Sauf si des brûlés de truffes ne fructifient pas pour des raisons d’ordre technique ou climatique !
Ajoutons à cela que la présence et l’importance du brûlé dépend aussi du terrain et de l’essence d’arbre. Par exemple, les brûlés seront en général plus marqués sur terrain pauvre et peu profond, et visibles plus rapidement sur noisetier et sur chêne vert….
Il est enfin possible, mais extrêmement rare, que l’entrée en production ne soit pas précédée de l’apparition du brûlé… et personne n’a d’explication.


Généralités
Est-ce que vos semences proviennent d’arbres producteurs ? [ haut ]
Oui, et nous y sommes d’autant plus attentifs qu’elles sont plus faciles à mycorhizer que les semences tout-venant. Il n’y a pas de transmission génétique, mais les plantules issues de semences d’arbres truffiers, développent un chevelu racinaire plus dense et donc plus réceptif à la truffe. Il faut aussi que les plantules supportent le calcaire. Et une fois mycorhizées, elles donneront des plants qui retourneront dans leur site d’origine, parce que nous en avons établi la traçabilité.

D’où proviennent les truffes que vous utilisez pour mycorhizer vos plants ? [ ha
ut ]
Comme pour les semences, notre souci de traçabilité nous impose de repérer tous les sites de récolte et toutes les origines. Il n’est pas question que nous achetions nos truffes n’importe où, avec le risque d’avoir d’autres truffes que la mélano ; nous nous approvisionnons chez des particuliers, souvent chez nos clients, qui produisent ou récoltent sur leurs propres plantations ou sur des sites naturels tout proches, en faisant correspondre les origines géographiques des truffes et des semences qui seront réexpédiées après la mycorhization dans leur région d’origine.

Est-ce que vous vendez des plants de plus de 2 ans ? [ haut ]
Nous nous l’interdisons.
D’une part, parce que nous trouvons que techniquement, cela n’est pas raisonnable : la reprise d’un plant trop développé est moins bonne et le choc de transplantation peut perturber sa mycorhization. ; les petits plants de 1 an, bien trapus, reprennent mieux, surtout en terrain peu profond.
D’autre part, on ne va pas vraiment gagner du temps en plantant des plants de 2 ans, même s’il est vrai qu’ils ont au départ une vigueur plus importante.

Est-ce que vous vendez des plants clonés ? [ haut ]
Les plants que nous produisons actuellement sont issus de semis. Il est vrai que ce matériel végétal est hétérogène ; comme dans la nature humaine, on va trouver des petits ,des grands, des costauds, des sensibles à certaines maladies, etc ; mais la sélection massale que nous pratiquons rend les lots d’arbres très homogènes.
Et au moins, on a l’expérience de ce matériel végétal et on sait que cela marche ! Avec les clônes (plants issus de multiplication végétative), on n’est sûr de rien !
Certes, on obtiendra un matériel végétal très homogène, avec des clônes qui pourraient être plus résistants à certaines maladies ou au gel, par exemple…mais encore faudra-t-il choisir les bons clônes et en mettre plusieurs ! Peut-être augmentera t-on le pourcentage d’arbres producteurs, mais si on se trompe on risque d’avoir des résultats catastrophiques.
Et le champignon associé ? Il faudrait le clôner lui aussi ! Et le terrain ? Pareil !
Non, nous ne voulons pas faire prendre un risque de cette taille à notre clientèle parce que ce matériel végétal en est encore, et pour de longues années, au stade expérimental. Laissons faire les chercheurs et les techniciens dont c’est le travail et attendons les résultats même si en trufficulture, c’est long !

Est-ce que vos plants sont contrôlés un par un ? [ haut ]
Non, c’est impossible ! Parce que le contrôle est destructif : un plant ne peut-être contrôlé efficacement que si son système racinaire est mis à nu et examiné en détail au microscope.
Les prélèvements sont réalisés par sondage dans des lots homogènes et traçables, constitués en fonction de leur origine géographique et fongique, de leur taille, de leur vitesse de croissance, de la date à laquelle ils ont été inoculés, afin que le prélèvement de 1 à 5 % par lot soit représentatif de l’ensemble du lot.
Pour qu’un lot de plants soit agréé par l’INRA, il faut qu’il soit bien mycorhizé, quantitativement et qualitativement, par la Tuber en question, en l’absence de tout autre champignon.

Est-ce que je peux vous acheter 1 plant ? [ haut ]
Bien sûr, vous pouvez nous acheter 1 seul plant ! Mais nous avons vu auparavant que, pour augmenter vos chances de réussite, c’était mieux d’en planter plusieurs ; notre tarif est dégressif en conséquence !

Est-ce que vous vous déplacez sur le terrain pour me conseiller avant la plantation et ensuite pour l’entretien ? Est-ce payant ? [ haut ]
Nous assurons sur le terrain tous les conseils avant et après plantation ; nous nous en faisons un devoir dès lors que vous nous faites confiance. Car c’est encore sur le terrain que nous appréhenderons le mieux tous les éléments techniques déterminants pour la réussite de votre projet. Sachez aussi que nous avons dans chaque département truffier des points relais qui peuvent intervenir à notre place selon l’urgence, et ceci en collaboration, au besoin, avec le technicien truffe de votre syndicat régional de trufficulteurs.
Notre service avant vente et après vente est bien entendu gratuit.

Est-ce que vous garantissez la reprise de vos plants ? [ haut ]
C’est la mycorhization de nos plants que nous garantissons. En ce qui concerne la reprise, nous nous déplaçons sur le terrain dès qu’une perte anormale de plants nous est signalée ; sur place, nous faisons en sorte d’être honnêtes en préservant les intérêts de chacun ; si tout a été fait dans les règles et qu’aucune cause de mortalité imputable au trufficulteur n’apparaît, le geste commercial nécessaire sera fait. Nos clients sont là pour en témoigner. Nous traitons chaque problème au cas par cas.
Nous estimons que les pertes sont anormales au-delà de 3 % sur les chênes pubescents et au-delà de 5 % sur les chênes verts.
Bref, nous préférons la garantie par la bonne foi plutôt que la garantie contractuelle, les clauses du contrat faisant en général naître plus de problèmes et de malentendus que de solutions.

Est-ce que vous garantissez une production de truffes sur vos plants ? [ haut ]
Ce que nous garantissons, c’est avant tout la mycorhization de nos plants c'est-à-dire la certitude qu’ils sont bien associés avec la truffe et qu’ils vont donc permettre, en les plantant, de bien ensemencer le terrain. L’équipe de contrôleurs de l’INRA, dirigée par Claude MURAT à NANCY, est là pour nous donner le feu vert d’une bonne mycorhization que ce soit en qualité (bonne espèce de truffe, sans contamination) et en quantité (bonne répartition sur l’ensemble du système racinaire).
Il est donc bien entendu que si ces plants ne sont pas installés dans un terrain adéquat, ils ont beau être mycorhizés avec toutes les garanties proposées par l’INRA, ils ne produiront jamais de truffes ! Ou alors pas des bonnes !

Est-ce que vous pouvez me faire des plants sur-dosés en truffe, à 3 grammes/plant pour doper les plants en mycorhization et espérer une production plus rapide…. ? [ haut ]
Non, ce n’est pas aussi simple que cela, sinon on le pratiquerait !
Ce n’est pas parce que l’on va apporter plus de spores par plant au moment de l’inoculation que la mycorhization sera plus importante et que les arbres pourront produire plus vite!
En premier lieu, et ce qui est essentiel, c’est que les spores de truffes que nous mettons en contact avec les systèmes racinaires des plantules soient aptes à germer et à produire du mycélium. C’est ce dernier qui formera les mycorhizes, sièges de l’association avec la truffe sur les plants.
D’autre part, sachez que la truffe est toxique pour le végétal et une trop forte dose le ferait périr !
Nous pouvons, par contre, personnaliser votre plantation, dans le cadre de notre offre de « plants à la carte »… En général, nos clients préfèrent nous fournir les semences et les truffes de leur propriété pour mieux les adapter chez eux.
C’est une bonne idée que nous avons généralisée à l’ensemble de notre production, région par région truffière.

Est-ce que vous proposez des plants champions ? [ haut ]
Non, nos plants sont tout simplement mycorhizés. Par contre, sur le terrain, si tout va bien, ils peuvent le devenir, champions, de la production!
Le terme « champion » utilisé dans le commerce est certainement plus vendeur… !
Mais sans vouloir polémiquer et plus sérieusement, il a été dit précédemment que c’est pour nous un climat de confiance qui doit s’instaurer avec le client : nous lui fournissons les plants que nous jugeons au top, et en retour, avec nos recommandations, il se doit de les installer dans des conditions optimales et de bien les suivre pour qu’ils deviennent réellement des arbres producteurs champions ! Mais ce sera avec la condition cynéquanone  que le terrain soit, lui aussi, d’abord un CHAMPION !

Pouvez-vous m’indiquer si votre méthodologie actuelle de mycorhization prend en compte les avancées de la recherche, concernant le décryptage du génome ? [ haut ]
(Publications de l’INRA de NANCY, Claude MURAT, Francis MARTIN et all.)…
….. Et en particulier, « Est-ce que vos contrôles permettent de mettre en évidence, la présence au niveau du système racinaire ou du substrat, des deux types de mycélium compatibles, indispensables à l’induction des primordia ? »
Vos questions sont pertinentes et font suite aux avancées récentes de la recherche que nous suivons naturellement de près. Dans la licence INRA que nous exploitons, nous avons accès et nous exploitons toutes les techniques modernes d’analyse et de contrôle des truffes, ainsi que tout ce qui concerne notre procédé de mycorhization des plants. Nous avons cette chance d’être en contact permanent avec les chercheurs de cet Institut et d’en faire profiter nos clients, les réconfortant ainsi sur le choix de leurs plants :
Il a donc été mis en évidence, grâce au décryptage du génome, que la reproduction de la truffe était sexuée.
La truffe est hétérothallique, ce qui signifie que les deux sexes (ou polarités + et -) sont présents dans chaque individu (dans ses spores).
Pour qu’un arbre produise, il est impératif que le jeune plant à la base, soit pourvu de ces 2 polarités.
Or, on sait que dans une truffe, nous avons autant de spores + que de spores - (cela se chiffre par millions!).
Comme notre technique de mycorhization est obtenue à partir de germination de spores issues de plusieurs truffes, nous pouvons certifier que nos plants possèdent bien les 2 polarités et qu’ils ont bien ainsi la vocation de fructifier.
A noter que cela ne serait pas le cas si on inoculait des plants à partir de culture de mycélium.
Attention aussi à l’âge des plants car, au fil des ans, un sexe prend le dessus par rapport à l’autre et peut se retrouver qu’avec un seul (soit +, soit -) : Cas sur les plants de 2 ans et surtout de 3 ans. Dans ce dernier cas, il faut planter un nombre significatif d’arbres afin que les + et les – soient présents sur toute la parcelle et rendre possible la production.
Par rapport au contrôle des plants, là-aussi l’INRA a progressé :
Le contrôle de la mycorhization ne se fait plus à l’aide de la microscopie classique, mais avec la biologie moléculaire.
Ce niveau de contrôle unique au monde et infaillible, effectué par séquençage de l’ADN, nous garantit à 100% la bonne mycorhization des plants ainsi que la qualité des truffes utilisées pour les produire. La présence des deux types de mycélium compatibles, indispensables à l’induction des primordia y est mise en évidence.

Est-ce que vous recommandez de réensemencer vos plants à la plantation ? [ haut ]
On parle en effet beaucoup, à l’heure actuelle, du réensemencement des truffières….Mais il s’agit là de réensemencer des truffières en place, voire en début de production ou sur des arbres ciblés, portant des brûlés non producteurs……
Le but est naturellement de recharger en spores, et donc en mycélium, par germination de ces spores et les incorporer aux abords des systèmes racinaires des arbres en pleine croissance.
La pratique était courante autrefois et il n’était pas rare que, lors du cavage, l’on remette un bout de truffe dans le trou, avec une poignée de vieilles feuilles, des matières organiques…
De même, lorsque l’on avait des truffes abîmées, pourries ou gelées, plutôt que de les jeter, on les remettait au pied des arbres….
Aujourd’hui, plusieurs témoignages de clients arrivent jusqu’à nous avec des techniques de réensemencement qui divergent d’une personne à l’autre et avec des résultats tout aussi différents, mais parfois surprenants.
Les mixtures incorporées sont à base de truffes broyées, additionnées d’un fixateur comme la vermicullite, et de substrat d’origine organique (inspiration de publications émanant de Gérard CHEVALIER, INRA Clermont Ferrand).
Vous comprendrez donc aisément qu’il n’y a pas besoin de pratiquer ce réensemencement sur le jeune plant puisqu’il est déjà mycorhizé, donc ensemencé avec la truffe, et que lui-même permet de réaliser naturellement cet ensemencement.
Nous pouvons citer pour conclure le résultat des expérimentations menées à la station truffe du MONTAT (46) qui confirme que :
« Globalement, le réensemencement semble avoir une influence sur la production truffière et plus particulièrement sur son déclenchement. Toutefois, les effets induits sont bien plus importants lorsque la truffière présente de nombreux brûlés bien marqués et paraît plus prometteuse pour l’avenir attestant d’un fort potentiel de production de départ.
Cependant, l’apport de spores n’est peut-être pas seul en cause sur les bénéfices observés : pour la mise en place des essais, le sol a été travaillé et donc aéré au moins localement.

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