|
Plusieurs itinéraires techniques sont possibles
: d’une méthode de culture intensive (travail du sol, fertilisation,
arrosage, …) à une méthode plus extensive où
la nature prend le pas et pourquoi pas, dans certains cas, à une
alternative intermédiaire, mix des 2.
Dans tous les cas, l’objectif à atteindre reste le même,
à savoir :
> Pour la plante hôte : assurer
une bonne reprise après la plantation avec une croissance régulière,
sans excès, pour permettre au système radiculaire de bien
coloniser le sol.
> Pour la truffe : lui permettre
de se maintenir sur le système racinaire et de bien le coloniser
pour aboutir à la fructification.
Nous distinguerons dans la vie d’une truffière 3 étapes
:
I.
Phase d’installation du plant (1 à 3 ans)
II.
Phase de développement du champignon (4 à 7 ans)
III.
Phase de fructification (production et récolte des truffes vers
la 8ème année)
A chaque étape, les interventions devront être judicieusement
raisonnées.
La trufficulture intensive
est pratiquée lorsque la plantation est proche du lieu d’habitation,
sur terrains labourables, à l’arrosage, et lorsque l’agriculteur,
équipé en matériel, est présent et peut intervenir
en temps voulu.
La truffière peut produire plus rapidement, avec des arbres installés
plus vite, mais gare aux excès de développement qui peuvent
entraîner de mauvaises surprises.
A l’inverse, la trufficulture extensive
convient pour les plus patients qui sont plus dépendants de la
nature mais qui, à la longue, peuvent gagner le jack-pot !
Gare quand même de ne pas pécher par défaut de soin
car la nature nous rend aussi le coup de pouce qu’on a pu lui donner
au moment voulu…
I. Phase d’installation du plant
Elle dure de 1 à 3 ans, selon la vitesse de croissance du plant.
L’essentiel est d’assurer une bonne reprise des plants tout
au long de l’année qui suit la plantation ; c’est un
gage de bon développement des arbres les années suivantes.
En fait, ce que l’on attend d’un plant pendant cette phase,
c’est qu’il produise le maximum de radicelles possible car
c’est sur les radicelles que l’on trouve les mycorhizes, point
de départ de l’activité mycélienne.
Pour les obtenir, l’environnement immédiat
du plant devra être aéré (sarclage),
dégagé de concurrents herbacés (désherbage
manuel), humidifié (arrosage manuel ou à l’aide de
goutteurs), les arbres taillés, et sains sur le plan phytosanitaire.
1) L’entretien du sol
* Entre les rangs : utiliser de préférence
un outil à dents (cultivateur ou vibroculteur) pour un travail
très superficiel.
* Sur les lignes :
> désherbage manuel au pied du plant ;
> autour du plant, désherbage chimique possible au glyphosate
(exemple : Roundup, Azural) en protégeant
le plant des projections ;
> un léger binage pour casser la croûte du sol mis à
nu par l’action herbicide permettra une diminution de l’évaporation
(voir ci-dessous).
2) L’arrosage
Dans la conduite de l’arrosage, il est impératif de prendre
en compte les éléments suivants:
> L’essence végétale
: le chêne qui a un système racinaire pivotant (profond),
est moins sensible à la sécheresse que le noisetier qui
a un système racinaire traçant (superficiel).
> Les besoins du champignon : la truffe est xérothermophile
: c’est-à-dire qu’elle apprécie et la sécheresse
et la chaleur : un excès d’eau est plus nocif qu’un
manque d’eau. L’objectif est de maintenir la fraîcheur
autour de la motte sans apport excessif.
> La température extérieure : il faut s’abstenir
d’arroser en période de fort gel pour éviter, autour
du plant et de la motte, une prise en glace préjudiciable à
la survie du jeune plant.
> Le stade de végétation du plant :
* au cours du repos végétatif hivernal, le besoin
en eau du plant est nul :
>à la plantation, l’arrosage a pour objet de rasseoir
le terrain et de faire disparaître les poches d’air autour
de la motte : 3 litres d’eau / plant suffisent ;
* au démarrage végétatif du printemps, le besoin
en eau du plant est important dès le mois d’avril pour les
plantations tardives : 3 à 5 litres d’eau / plant peuvent
être nécessaires ; cet apport doit être fait avec une
fréquence qui varie en fonction :
* du type de terrain :
Sur sol sablonneux filtrant : renouveler les apports d’eau tous
les 10 jours durant la belle saison.
Sur sol argileux : renouveler les apports d’eau tous les 20 jours.
* de la pluviométrie : un pluviomètre
donne la mesure précise des précipitations ; ne pas tenir
compte d’une pluie isolée de moins de 5 mm ; prendre en compte
la pluviométrie globale décadaire ou bimensuelle à
partir de 10 mm , qu’il s’agisse d’une seule précipitation
ou de plusieurs précipitations isolées. 10 mm au pluviomètre
représentent un apport de 10 litres par plant.
* des façons culturales : un binage vaut 2 arrosages. A
l’opposé, un enherbement excessif naturel ou artificiel au
pied du plant assèche rapidement le terrain.
Remarque : le paillage (sur 1 m²) réalisé au moyen
de pierres plates, ou de paille dégradée, ou de plastique
noir permet une excellente économie de l’eau du sol.
3) La taille
Elle intervient dès la 2ème année en février
/ mars (après les dernières gelées, avant le débourrement).
Elle permet à l’arbre d’avoir un feuillage aéré
et un port le plus étalé possible : compte tenu de la corrélation
entre le système aérien et le système souterrain
; nous recherchons, en trufficulture, l’étalement du système
racinaire.
Quant à la truffe, elle a besoin d’un milieu dégagé
et ensoleillé : on parle d’un milieu «ouvert»
; on éliminera toute végétation excessive au pied
des arbres, notamment les drageons.
C’est la taille dite en « cône renversé ».
Même si dans le sud de la France, où l’ensoleillement
est plus important, on taille moins les branches basses que dans les zones
plus au nord, on veillera à dégager 20 à 25 % de
la base du tronc.
4) Les principales maladies des chênes truffiers
IMPORTANT : Ne pas utiliser de fongicides à action systémique car ils détruisent rapidement le mycélium du champignon.
Les doses à utiliser sont fonction des spécificités
commerciales de chaque produit. Se référer aux indications
portées sur les emballages.
| Parasites |
Description
des symptômes et risques |
Moyens de lutte |
| 1) MALADIES CRYPTOGAMIQUES (causées par un champignon) |
|
OIDIUM
|
- feuillage recouvert
d'un feutrage mycélien blanc
- affaiblissement général du jeune végétal
(reprise, croissance) et donc indirectement de la mycorhization |
- lutte chimique préventive
en apportant du soufre colloïdal et micronisé en pulvérisation
sur les plants de fin mai à mi-juin
- fongicide non systémique curatif Dinocap (Karathane) |
ROUILLE
|
- des tâches brunes apparaissent dès
la fin de l'été et provoquent un dessèchement
des feuilles
- si l'attaque est importante, la photosynthèse est réduite
et le jeune plant s'affaiblit
|
- pulvérisation de bouillie bordelaise
(200 g de cuivre métal / hl) dès l'apparition des symptômes |
ANTHRACNOSE |
- nécroses brunes à l'extrémité des pousses lignifiées et sur les feuilles qui tombent
-
sur les pousses latérales herbacées : chancres sur les bourgeons annulés entrainant le dessèchement des tiges
|
- pulvérisation préventive de bouillie bordelaise (200 g de cuivre métal / hl) au stade pré-débourrement et à l'automne *
-
suppression des rameaux porteurs de chancres par une taille vigoureuse *
-
traitements possibles à l'aide du prochlorase (OCTAVE) à 46 g de matière active pour 100 litres d'eau (soit 10 g de produit commercial Octave pour 10 litres d'eau) tous les mois de fin mai à août. L'addition de Mancozèbe (Dithane M45) rend la lutte plus efficace. |
| 2 - INSECTES |
CHENILLES DEFOLIATRICES
(lépidopteres)
TORDEUSE
VERTE
du chêne
Pucerons |
- les chenilles dévorent le feuillage
- diminution de la vigueur de l'arbre
- dès le mois d'avril, la chenille plie les jeunes feuilles pour construire une loge à l'intérieur de laquelle elle installe ses cocons
-
si l'attaque est importante, la photosynthèse est réduite et le jeune plant s'affaiblit
|
- dès l'apparition des chenilles,
souvent dès le débourrement des arbres : traiter soit
avec Phosalone
(Zolone ®) soit avec Diflubenzuron (Dimilin ®) ou matière active équivalente (ex : Deltamétrine (décis)) *
-
lutte biologique à l'aide d'un insecticide biologique et végétal à base de bactospéine (bactéries prédatrices) comme "Naturen" de Fertiligène. |
| ZEUZERE (lépidoptère) |
- la chenille de la zeuzère fore une galerie
- dessèchement et mort des branches |
- introduire un fil de fer dans la
galerie pour tuer la chenille
- couper la portion de branche renfermant la larve, l'exporter et la brûler |
TEIGNE
(lépidoptères)
et MINEUSES |
- les chenilles creusent des mines dans les feuilles
- l'épiderme (cuticule pour les chênes verts) se soulève
sur tout ou partie de la feuille, sèche et tombe
- si l'attaque est importante, la photosynthèse est réduite
et le jeune plant s'affaiblit |
- Les produits utilisés pour les chenilles défoliatrices
conviennent très bien
|
| HANNETONS (coléoptères) |
- les vers blancs s'attaquent aux jeunes racines entrainant la mort du végétal
-
dessèchement du plant |
- lutte biologique avec des prédateurs (nématodes) BIOVERDE-GREEN distribué par BHS |
| PHYLLOXERA (puceron ravageur de la vigne) |
- petites tâches jaunes citron puis brunes sur les feuilles qui finissent par tomber
-
sur la face inférieure des feuilles, on distingue de petits "pucerons" orangés et de petits insectes ailés |
- utiliser de préférence un insecticide biologique à base de bactéries (bacillus thuringiensis) sous divers noms commerciaux (ex : Bactospéine, Dipel)
-
comme pour les pucerons, une lutte chimique est possible avec du Méthidathion (commerce : Ultracide 20) |
II. Phase d’installation du champignon
Elle intervient dès la 4ème année, lorsque les arbres
sont eux-mêmes installés et que les brûlés commencent
à apparaître : c’est la preuve de la bonne évolution
de l’activité mycélienne : les truffes ne sont plus
très loin ! A noter que les brûlés seront plus précoces
et plus marqués sur terrain maigre que riche, et sur chênes
verts que sur les autres espèces.
A. Travail du sol
Toutes les interventions doivent désormais
être axées sur le cycle
écologique de la truffe.
Il ne sera plus question de travailler le sol ni de passer avec des engins
lourds dans la truffière de fin mai (formation des truffettes)
à août (grossissement des truffes) et jusqu’à
la fin de la récolte mi-mars.
2 possibilités s’offrent au trufficulteur :
- soit poursuivre le travail intensif du sol,
- soit ne plus travailler le sol.
Tout va dépendre en fait du terrain : le sol de la truffière
doit être aéré. C’est une condition indispensable
à la réussite de la culture. Si le sol est compact (cas
des sols argileux), il y a bien peu de chances d’observer une production
de truffes.
Comme dans la 1ère phase, le travail du sol est réalisé
à l’aide d’un cultivateur, très
superficiellement, entre 5 et 10 cm de profondeur. On dit même
qu’il faudrait le passer toujours dans le même sens pour éviter
de briser les racines.
Il est bon aussi de s’éloigner progressivement de l’arbre
au fur et à mesure qu'il prend de l'âge et du volume afin
de ne pas perturber les mycorhizes en début d’activité.
C’est la profondeur de travail du sol qui détermine le niveau
des systèmes racinaires et donc des futures truffes (ni trop profond,
ni pas assez !).
Si on décide de ne plus travailler le sol, on maintiendra la végétation
naturelle ou artificielle girobroyée
pour limiter la concurrence herbacée avec les futures truffes.
Sans travail, les systèmes racinaires vont remonter en surface
et par là même, les truffes ; attention, elles seront plus
sensibles aux aléas climatiques.
Et pas question de refaire marche arrière et de changer sa façon
de travailler d’une année sur l’autre. Tout serait
perdu !
B. L’arrosage
Nous parlerons ici de micro-aspersion.
Il s’agit de maintenir une certaine fraîcheur dans le sol
pour aider la prolifération du mycélium et maintenir en
activité les radicelles mycorhizées, voire la formation
des premières truffettes au début de l’été.
Le mycélium de Tuber melanosporum est très résistant
à la sécheresse. Heureusement pour la pérennité
des sites naturels ou des parcelles sans arrosage, un excès d’eau
est plus néfaste qu’un manque
A noter que l’excès d’irrigation
peut aussi entraîner le développement de compétiteurs
mycorhiziens ou d’autres espèces de truffes comme Tuber brumale.
Il est préférable de mettre en place des mini-asperseurs
qui arrosent toute la surface occupée par le système racinaire
sans provoquer de tassement du sol.
L’irrigation doit être gérée en fonction du
type de sol de la truffière : en sol sableux, les risques d’asphyxie
racinaire sont minimes, en sol argileux, ils sont importants.
L’irrigation doit compenser le déficit hydrique. Si l’hiver
a été particulièrement sec, il peut être nécessaire
d’arroser dès le mois d’avril pour favoriser, dès
les premiers réchauffements printaniers, le démarrage de
l’activité mycélienne.
En été, de la même façon, avec des fréquences
plus ou moins rapprochées (2 à 3 fois / mois) selon le type
de sol et des apports, on compensera l’insuffisance des pluies à
raison de 20 à 30 mm à chaque intervention.
Cela implique de bien connaître les caractéristiques de son
sol et d’observer régulièrement l’état
de sécheresse dans les 20 premiers centimètres, là
où se situeront les futures truffes.
Il est également nécessaire d’enregistrer la pluviométrie
naturelle à l’aide d’un pluviomètre que l’on
aura placé dans un endroit dégagé.
C. Le désherbage
Avec la truffe, nous préférons recommander d’être
le plus écologique possible.
D’autant plus qu’on ne recherche pas forcément que
la truffière soit parfaitement propre. Autour des plants, les brûlés
font leur travail de nettoyage ; et dans l’inter-rang la végétation
peut ralentir une progression trop rapide du système racinaire.
Là aussi, ne tombons pas dans l’excès même si
certains désherbants, en localisation, dépannent bien quand
le trufficulteur se laisse déborder par la météo.
2 produits sont possibles :
- Le glufosinate-ammonium (BASTA ou TRESOR) : herbicide de contact à
action défanante. La dose d’utilisation est de 5 litres /
ha dans au moins 400 l d’eau.
- Le glyphosate (ROUNDUP) : il possède une action systémique.
Il est recommandé à la dose de 6 à 12 litres / ha.
En désherbage ou débroussaillage ponctuel, il faut l’employer
en solution d’eau à 2 %. Sur les ronces, son action est véritablement
efficace en septembre / octobre (fin de cycle végétatif).
D. La fertilisation
Seule une analyse de sol renouvelée tous les 3 ans permet de suivre
avec précision l’évolution des différents éléments
chimiques et organiques dans le sol et de rectifier au besoin. Le technicien
du laboratoire d’analyse donnera toutes les recommandations pour
fertiliser ou améliorer le sol.
N’oublions pas que la truffe devient indépendante de sa plante
hôte quand elle se forme fin mai, début juin ; elle a besoin
de s’alimenter pour survivre et grossir jusqu’à l’hiver
prochain. Il semblerait qu’à ce moment-là, elle ait
besoin d’éléments organiques.
Mais, en la matière, la règle est la prudence ; il est dangereux
de vouloir jouer aux apprentis sorciers et de trop bien faire.
Avant de généraliser un apport, mieux vaut faire un essai
sur quelques arbres et voir ensuite les résultats. Par contre,
si on a des soucis de qualité des truffes, il faut surveiller l’état
calcique du sol et amender au besoin (apport de calcaire broyé).
E. La
taille
Les jeunes plants ont été formés dès le départ
; l’essentiel va consister ensuite à maintenir le bas des
arbres bien dégagé et à faire en sorte que les branches
latérales ne gagnent pas trop l’inter-rang, toujours dans
l’optique du « cône renversé ».
Les noisetiers, plus ardus à tailler, peuvent être menés
sur plusieurs tiges à condition de toujours favoriser un bon ensoleillement
du sol, gage d’un bon réchauffement printanier.
F. Les
traitements phytosanitaires
Au fur et à mesure que les arbres atteignent leur âge adulte,
on a moins à se soucier d’un parasitisme peu important qui
ne compromet pas la vie du végétal.
Au contraire, parfois, lorsque les arbres poussent trop vite, ce parasitisme
peut freiner leur développement excessif (chêne pubescent,
pédonculé, noisetier).
Le parasite le plus couramment observé sur chêne est l’oïdium
qui se distingue par l’apparition d’une poudre blanchâtre
sur les feuilles et l’affaiblissement général du plant.
Il est traité à l’aide de produits fongicides non
systémiques à base de soufre ou de Dinocap (appellation
commerciale Karathane).
Sur noisetier, l’attaque la plus fréquente est due à
la bactériose qui se manifeste par des nécroses sur les
tiges et un dessèchement des rameaux. Il n’existe aucun moyen
de lutte chimique. La seule solution est de supprimer les rameaux atteints
et de les brûler pour éviter toute propagation. Il faut aussi
veiller à désinfecter soigneusement avec de la javel le
sécateur qui a servi à couper les rameaux.
III. Phase de fructification
Vers la 8ème année, et peut-être avant avec du chêne
vert ou du noisetier, si tout s’est bien passé, la truffière
commence à donner ses premières
truffes.
A ce moment-là, il faut plus penser à dresser son chien
qu’à aller travailler sans arrêt dans sa plantation.
Malgré tout, un entretien courant, selon la situation, doit être
effectué :
• Un léger
travail du sol surtout si le terrain s’est compacté.
Les truffes seront plus grosses si le terrain est souple. Il est effectué
avec les mêmes outils à dents, toujours à la même
profondeur. L’époque d’intervention est fin mars, avril
après la récolte des truffes et avant la naissance des prochaines
fin mai. Cela permettra en plus aux pluies printanières de mieux
pénétrer dans le sol et à l’évaporation
estivale d’être limitée. On contrôlera en même
temps la végétation excessive (girobroyage, désherbage
en localisation) pour ne pas concurrencer les truffes en formation.
• L’arrosage : « un été sans pluie donne
un hiver sans truffes ». En cours de production, l’irrigation
doit permettre à la fois d’obtenir un bon rendement de truffes
et de maintenir en vie les mycorhizes. Il ne faut jamais oublier qu’un
excès d’eau est aussi préjudiciable qu’un manque
d’eau et qu’il risque de détruire définitivement
une truffière. De la même façon qu’à
l’installation du champignon, l’irrigation va être gérée
en fonction de son cycle écologique mais aussi du type de sol de
la truffière.
En mai et juin : au moment des naissances,
selon l’état de sécheresse au printemps, un apport
de 30 mm / mois en 2 ou 3 fois semble suffisant. On assure ainsi la naissance
d’un maximum de truffettes.
Juillet semble moins important pour
la truffe qui grossit peu. Malgré tout, si ce mois est caniculaire,
une certaine humidité maintiendra en vie ces naissances : un paillage
peut, à ce moment-là, être installé pour pallier
les effets de la sécheresse et des à-coups de température.
Le moment crucial reste la 1ère quinzaine
d’août lorsque la truffe entre dans une phase active
de croissance et qu’elle multiplie son poids par 10 ou 15 passant
de quelques centigrammes à quelques grammes. A ce moment-là,
un apport de 60 mm d’eau en 2 ou 3 fois est vivement conseillé.
Comme dit le proverbe « s’il pleut à la saint Roch
(16 août), les truffes pousseront sur le roc ! ».
L’arrière saison n’est
pas non plus à négliger car en septembre / octobre, la truffe
continue de grossir. 60 mm en 2-3 fois pour septembre et autour de 30
mm en octobre vont permettre d’assurer un bon calibre des truffes
en terre.
En novembre et décembre, les
truffes entrent en phase de maturité à la faveur des premières
gelées automnales ; il faudra s’abstenir d’arroser
au risque de geler les truffes. Le paillage à l’aide de branchages,
de paille ou autres pourra là aussi limiter les dégâts
de gel.
• La taille : toujours pratiquée en hiver, elle va éviter
à la truffière de « se fermer » trop rapidement
et à la production de décliner. En haute densité
et en condition de culture intensive, il aura fallu tailler sévèrement
tout au long de chaque étape, surtout le chêne pubescent. |