Actualités Juin 2018 par P. Rouch, technico-commercial Agritruffe.

« Point trop n’en faut ! »

Cet avertissement a été lancé par Patrick REJOU, notre technicien truffe en Nouvelle Aquitaine, lors de notre récente Assemblée de trufficulteurs en Gironde, alors qu’il intervenait sur le thème de l’eau en trufficulture, pour tuber melanosporum. Cela a aujourd’hui une résonnance particulière, à la vue des quantités d’eau importantes tombées depuis le mois de Mai… En réseau avec tous les techniciens truffe de France, Patrick dressait ce jour-là  le bilan 2017/2018 d’une bonne saison truffe dans notre sud-ouest et faisait le constat que la truffe n’avait finalement pas besoin de tant d’eau que cela, que « point trop n’en fallait » ! Le parallèle était évidemment fait avec le cycle écologique de la truffe (voir billet du mois de Mai) et les périodes de pluviométrie naturelle tombée à chaque phase de ce cycle. Et force était de constater que notre sud-ouest, du Quercy-Périgord aux Charentes-Poitou, avait en effet eu une fin de printemps (naissance des truffettes) normalement arrosée, avec des pluies d’orage estivales (grossissement des truffes) au bon moment, mais jamais sans excès, sans dépasser le seuil critique de 3 semaines sans précipitation et sans forte température, même si l’arrière-saison avait été un peu sèche (calibre et maintien des truffes en terre).

Alors, que dire de ces excès d’eau que nous avons dans le sol en ce moment, en pleine naissance de truffes, et de la crainte de la survie de celles déjà formées, de la taille d’une tête d’épingle, au vu de leur sensibilité à l’excès d’eau !

Bon nombre de nos clients producteurs nous interpellent à ce sujet, mais aussi de jeunes planteurs qui eux, craignent pour le maintien de la mycorhization sur leurs plants…

C’est vrai qu’il n’y a pas de quoi être rassuré, quand on sait que la saison prochaine de truffes, dont le cycle est de 9 mois (comme une grossesse !), se joue en ce moment.  On sait que la truffe est plus sensible à l’excès d’eau qu’à un manque. Et le niveau de précipitations de ces 2 derniers mois est  nettement supérieur à la normale. Les besoins pour les naissances des truffes en Mai et Juin sont plutôt estimés aux alentours de 40 mms/ mois …

Encore une fois, c’est le terrain qui va faire la différence : C’est l’avertissement que nous lançons à tout client planteur et que nous répétons sans cesse: En plus de l’analyse de sol, il est impératif que la parcelle à destination truffière soit la plus aérée et la mieux drainée possible : Pas d’excès d’argile, une bonne charge en cailloux, une légère pente orientée sud, sans fond de vallée ni en bordure de cours d’eau… C’est le gage de réussite qui fera la différence et permettra aux truffes de survivre à l’excès d’eau actuel. Ceux qui ont par exemple leurs truffières installées dans un terrain argileux mal drainé et gorgé d’eau, risquent de voir leur production compromise par rapport à ceux qui ont planté dans un terrain plus léger, en coteaux et en pente, où l’eau ne stagne pas… : Ceux-là se réjouissent de la situation en ce moment !…

Par rapport aux plants, « point trop n’en faut » non plus, mais on a de quoi être rassuré car tant que l’arbre reste en vie, la mycorhization reste installée sur les systèmes racinaires. Il faudrait vraiment que les plants aient les pieds dans l’eau pendant plusieurs jours pour craindre une perte de mycorhization par asphyxie racinaire… L’impact de l’excès d’eau en ce moment sur jeunes plants se caractérise par l’apparition de jaunissement sur le feuillage : C’est tout simplement de la chlorose (intoxication alimentaire due à l’activation du calcaire par l’humidité, en zone cultivée). Nous pouvons aussi avoir ces phénomènes en pépinière, et par rapport à la mycorhization de nos plants, c’est une raison de plus pour limiter les arrosages de nos jeunes plants en serres…. A noter enfin que cette climatologie alliant chaleur et humidité, entraine des maladies cryptogamiques (provoquées par des champignons) et la prolifération de prédateurs (insectes, chenilles …) : Il conviendra de surveiller la végétation des jeunes plants et de traiter en conséquence, notamment contre l’oïdium sur chênes pubescents : « Point trop n’en faut » non plus, pour assurer la fonction chlorophyllienne et donc la bonne croissance de ces plants récemment installés!

La seule bonne nouvelle de la pluviométrie actuelle sur les jeunes plants est leur bonne reprise, surtout chez ceux qui ont planté un peu tard ce printemps !

Pour terminer, quelques remarques sur notre production actuelle :

  • Bonne nouvelle ! Notre chercheur vient d’observer les premières ébauches de mycorhizes sur des jeunes plants inoculés il y a un mois et demi : De quoi être rassuré sur notre production en cours : Toujours « plus il en faut »! A noter que les contrôles de l’INRA auront lieu cette année la dernière semaine de Septembre pour confirmer cette bonne évolution,
  • La végétation des plants se déroule à merveille : Nous avons mis en production cette année un peu plus de charmes et de chênes chevelus (cerris) au vu des bons retours de clients que nous avons, engendrant des demandes supplémentaires : Le charme vient remplacer le noisetier, le chêne chevelu palliant à une meilleure croissance et résistance à l’oïdium, points faibles du pubescent. « Point trop n’en faut » en plantation aussi car ce chêne chevelu a plus de vigueur et peut devenir à la longue envahissant,
  • Le conditionnement de nos plants: Nous nous dirigeons de plus en plus vers des godets cannelés rigides, toujours anti-chignon, à la place de nos godets classiques tenus par des agrafes. La contenance reste la même, 500 cm3, et le dépotage en sera facilité. Nos notices de plantation accompagnant les plants l’exprimeront.

NB : Notre nouvelle grille de tarifs pour la saison 2018/2019 sera disponible à compter du 1er Juillet et consultable sur notre site.

Un bel été à tous, une climatologie favorable, juste « ce qu’il faut » pour la truffe, pour attaquer sereinement dès Septembre une bonne saison truffière.

Pierre ROUCH, technico-commercial.

Chers visiteurs,

Les plants truffiers et les produits Acti-Truffe ne seront plus disponibles jusqu’à l’automne 2018. Nous vous remercions de votre compréhension.

L’équipe d’Agri-Truffe