Actualités Mai 2018 : Agri-Truffe, « Une pépinière en perpétuel recommencement » !

Les plantations de printemps se terminent en même temps qu’a eu lieu la mise en production d’une nouvelle génération de plants…

115 000 plants viennent de voir le jour à Agri-truffe, inoculés en 1 mois et demi et mis en serres d’élevage, installations qui nous permettent de gérer tous les paramètres climatiques (T°, Hygrométrie, aération et luminosité.). Tout le personnel est en alerte et désormais concentré sur la végétation des plantules fraîchement mycorhizées et repérées par lot en pépinière. Il y a bien sûr à surveiller la bonne reprise des plants mis en godets, leur croissance à maîtriser, leur état phytosanitaire à contrôler, mais aussi et surtout l’évolution de leur mycorhization. Et tout se joue le 1er mois ! Les spores de truffes en germination (mycélium) dans les godets, sont très fragiles et sensibles aux variations climatiques. Le moindre accident de parcours, qu’il soit hydrique ou thermique, peut être fatal à la mycorhization des plants.

Ce n’est que lorsque Dominique, notre chercheur, effectuera les premières observations de mycorhizes sur les jeunes systèmes racinaires le mois prochain, que nous saurons si la partie est gagnée ou pas ! Et c’est pour cela qu’il nous est impératif que cet espace racinaire soit occupé le plus rapidement possible par la truffe, afin d’empêcher toute contamination par quel qu’autre corps étranger.

En parallèle à cela, nous avons à maintenir en végétation et en mycorhization les plants reportés volontairement en 2ème année, dans des serres spécifiques (20 000 plants environ), travail supervisé par Pascal, notre responsable de culture.

Sur le terrain, Damien et Pierre  maintiennent le relationnel avec les points-relais et les correspondants des Associations de trufficulteurs qui ont organisé des groupements de commandes de plants durant la saison écoulée. Il s’agit là de répondre aux sollicitations des jeunes planteurs, de les conseiller sur le terrain et les aider à assurer une bonne reprise et installation du plant. En plus des questions d’ordre technique exprimées sur notre site internet, des interrogations arrivent jusqu’à nous et nous y répondons du mieux que nous pouvons, forts de notre expérience et notre recul.

En voici quelques-unes des plus fréquentes :

  • « Avec quoi traiter des chenilles, des insectes mangeurs de feuilles ? » : En effet, c’est l’époque où des bestioles de tous ordres apparaissent et vont s’attaquer aux plus jeunes pousses et bourgeons tendres des plants récemment plantés. Il faut agir rapidement en fonction de la climatologie. Il n’y a pas de produits homologués en trufficulture, mais les insecticides utilisés en arboriculture fruitière conviennent bien, qu’ils soient de contact ou systémique, comme par exemple le « Décis » ou le « karaté », plus polyvalent, souvent cité en trufficulture. Néanmoins, la lutte biologique est toujours à privilégier, avec le « Bacille de Thuringe » accompagné de « Pyrèthres ». Les doses et conditions d’emploi suivent celles recommandées en arboriculture.
  • « Peut-on encore travailler le sol sur une truffière en âge de produire ? » : Si on se réfère au cycle écologique de la truffe (ci-après), les premières fructifications de truffes (primordiums ou truffettes) se réalisent dès le mois de Mai, plutôt en fin de mois, voire début Juin, selon le réchauffement printanier… Donc, à partir de cet instant, il n’est plus question d’intervenir sur le sol, au risque de déranger ces truffes en formation. Ce n’est évidemment pas le cas sur de jeunes plantations où il est conseillé de travailler régulièrement l’environnement des plants, afin d’ameublir le terrain, d’éviter la concurrence herbacée, et de lutter contre la sècheresse. Le but est ici de permettre le bon développement des radicelles porteuses des mycorhizes, elles-mêmes génératrices de la prolifération du mycélium dans le sol.
  • « Comment gérer l’irrigation sur une parcelle en début de production ? » : Même si la météo ne prête pas à penser à l’arrosage des truffières en ce moment, c’est toujours bien d’anticiper… La saison truffe s’était déjà jouée dès le mois d’Avril la saison dernière, notamment dans certains secteurs du sud-est ! Et ceux qui ont entrepris d’irriguer à ce moment-là ont pu avoir une récolte, en ayant favorisé et préservé les premières naissances de truffes, ces fameux primordiums ou truffettes qui fructifient dès le mois de Mai (voir cycle de la truffe).

En plus de la littérature que nous recommandons sur « la gestion de l’eau en trufficulture » (guide pratique de Pierre SOURZAT, guide technique de Jean-Michel RICARD), voici quelques considérations :

  • La truffe est Xérothermophile: Elle aime la chaleur et résiste bien à la sècheresse : Mais « point trop n’en faut ! » : Les pics prolongés en température (régions sud l’été dernier !) et les excès d’eau (microrégions en sud-ouest la saison dernière !) peuvent lui être fatale : D’où l’importance en parallèle du choix du terrain (texture sableuse ou argileuse, pente, exposition…) et surtout du travail du sol !
  • Un cycle de 9 mois dont 3 mois estival : Avec un printemps normalement arrosé, les truffettes ne semblent pas avoir un besoin en eau énorme en début d’été : 40 mm en Juin et 30 mm en Juillet suffisent à sa survie : Mais toujours à relativiser et à extrapoler en fonction du terrain et de sa capacité de réserve et de rétention en eau (Argileux / Sablonneux). Il apparaît aussi que la durée entre 2 arrosages est cruciale : Soit un intervalle maximum de 25 jours en sud-ouest et terrain argileux, mais à diviser par 3 en sol sablonneux et en région méridionale, selon la climatologie : 25 mm d’apport d’eau tous les 20 à 25 jours semblent donc garantir le maintien des truffes dans le sol en été.

 

  • S’il pleut à la St-Roch (~15/08), les truffes pousseront sur le roc : En se référant de nouveau au schéma du cycle de la truffe, on s’aperçoit que la truffe entre dans une phase active de croissance au mois d’Août : Elle est capable de multiplier son poids par 100 et plus (marquages au sol) : Il va falloir assurer une pluviométrie plus abondante, soit 50 mm au moins, en 2 fois, et de manière conséquente, le 10 et le 20/08, pour reproduire un orage fort de 25 à 30 mm à chaque fois ! Quant à la fin du cycle, Septembre et Octobre, avant la phase de maturité, les truffes continuent à grossir et l’arrosage permettra d’assurer le calibre des truffes, en maintenant une certaine fraîcheur, comme tout champignon qui se respecte, (chaleur et humidité !) soit 30 mm / mois à ce moment-là.
  • Rappels : Se munir de pluviomètres pour enregistrer la pluviométrie naturelle, 1mm = 1litre/m2.

Surface du brûlé (cercle) à arroser = Pi (3,14) X Rayon X Rayon. Exemple : Un brûlé de 1,5 m de rayon présente donc une superficie de 7 mètres carré. Et si vous voulez apporter 30 mm d’eau sur cet exemple, il faudra donc 7 X 30 litres = 210 litres d’eau.

En résumé, même si en fonction de chaque parcelle, d’une situation et d’une région à une autre, les conditions sont différentes, des apports d’eau d’environ 30 mm tous les 20 à 25 jours sur les zones de production sont en mesure de préserver les récoltes.

  • Par manque d’eau, on peut aussi protéger les jeunes truffes de la sècheresse : En favorisant la pénétration des pluies de printemps, avec le travail du sol (naissances de truffes plus profondes, meilleure pénétration de l’eau, moindre évaporation) et la taille des arbres (ombrage où soleil en excès sur les ramures basses, pénétration de l’eau en éclaircissant la végétation intérieure sur chênes verts), et en économisant l’eau issue de pluviométrie par paillage des brûlés producteurs (branches de genévriers, fagots de sarments, rafles de maïs ou écorces de noyers, cartons et toiles de jutes…) à positionner en début d’été, après les pluies printanières, sans jamais couvrir plus de la moitié de la surface brûlée.
  • « Est-il encore temps de tailler mes arbres ? »: Si l’arbre n’est pas producteur, on peut encore intervenir et même préférer une taille estivale, nanisante, avec comme avantage à cette époque de l’année, de ne pas être ennuyé par les repousses, contrairement à ce qui arrive quand on taille au printemps ! Par contre, sur un arbre producteur, on respectera là encore le cycle de la truffe en n’intervenant qu’au printemps, Mars-Avril, après les récoltes de truffes et avant les premières naissances de la saison suivante (« taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de Mars », comme ils disent dans le midi !).
  • « J’ai des problèmes de croissance sur mes chênes pubescents qui restent chétifs ! » : Effectivement, en situation de sol à calcaire actif élevé, cette essence végétale a toujours plus de mal à s’installer et végéter correctement, contrairement à d’autres espèces de chênes, comme le cerris, et le charme. Il s’agit là d’une sorte d’intoxication alimentaire provoquée par l’excès de calcaire venant bloquer l’assimilation de certains éléments minéraux. Il peut aussi y avoir dans ce type de situation des carences notoires en bore et en soufre, des oligo-éléments. Nous conseillons désormais systématiquement à nos clients planteurs d’incorporer dans le trou de plantation du chêne pubescent, une poignée d’engrais retard (ex : osmocote : 15-9-11) et de traiter en foliaire les premières années à l’aide d’oligo-éléments contenant du Bore et du soufre (ex : « BM Start » de Goëmar), avec même la possibilité d’y incorporer du cuivre dans la solution de préparation à 50g/l (bouillie Bordelaise).

Antoine s’occupe de la préparation des commandes des produits Actitruffe et Terra Truffe. Ce produit est à votre disposition pendant la période de cavage des truffes et au début du printemps (décembre à mi-mai). C’est un produit dont le but est de dynamiser votre production de truffes grâce à un apport de spores. Concernant Actitruffe +, les petites billes bleues (visibles à la loupe et si l’on vaporise de l’eau dans le mélange de vermiculite) sont des petites capsules dans lesquelles les spores sont enfermées. Ces billes permettent aux spores d’être enrobées dans un milieu homogène, avec la présence d’eau, qui permet aux spores une bonne conservation. Une fois que vous aurez mis ce produit dans votre truffière, ces billes viendront se coller, comme les spores, aux racines de vos arbres et ainsi obtenir des mycorhizes (voir ci-dessous).

Très bon été à tous, n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations et de conseils.

Contrôlez bien la pluviométrie.

L’équipe d’Agri-Truffe.