Le choix des plants à Agritruffe

La météo redevenue favorable, les plantations de Printemps vont pouvoir démarrer. Et la question d’actualité qui revient le plus souvent est : «  Comment nous est attribué un lot de plants ? ».

Tout comme le choix de l’essence végétale, c’est une question judicieuse. La notion de terroir et les valeurs liées au patrimoine en trufficulture sont importantes et prises en compte par Agri-truffe lors de l’attribution des plants à tel ou tel client.

C’est pour répondre à ces demandes, la Profession y est sensible, et contrairement à ce que l’on peut trouver sur des plants en provenance de l’étranger, qu’Agri-truffe a mis en place des critères de choix d’attribution de plants à ses clients.

L’attribution d’un lot de plants à un client plutôt qu’un autre, ne va pas être réalisée au hasard : En fonction de sa situation géographique, de son environnement, de son terrain, souvent après échanges et visites sur place, les plants seront sélectionnés selon un cahier des charges interne bien précis dans l’entreprise car :

  • Nos plants sont classés par origine végétale et fongique: Pour les semences comme pour les truffes, nos fournisseurs sont des professionnels trufficulteurs et tous les sites truffiers sont repérés, en marge de partenariats en place avec des Associations de trufficulteurs comme l’URTA en Aquitaine ou avec celle de l’Aude… : Le planteur d’une région trufficole se verra attribuer des plants issus de son propre milieu truffier. Il peut être rassuré de recevoir des origines de plants mycorhizés tout à fait adaptés à son environnement.
  • Nos plants sont triés en fonction de leur hauteur et diamètre au collet : Comme les plants sont issus de semis, le matériel végétal reste hétérogène et n’ont pas tous la même vitesse de croissance en pépinière (1ère loi de Mendel en génétique). Et un peu comme la nature humaine, nous avons des petits, des grands, des plus ou moins costauds, etc…, à mycorhization équivalente. Avec une sélection Massale, nous trions chaque lot en nous refusant de commercialiser des plants trop petits, inférieurs à 15 cms et de diamètre au collet de moins de 3 mm, en plus de leur bon état phytosanitaire… Selon le terrain et le desideratum du client, nous dirigerons des tailles adaptées à sa situation. Par exemple, une personne voulant planter sur un terrain de causse du Quercy, peu profond, nous lui choisirons des plants de petite taille, chênes à n’en pas douter, dits trapus, plutôt que des grands, parfois un peu plus fins, et pas non plus des 2 ans, qui auront plus de mal à reprendre avec un choc à la transplantation plus important !

Mais bien sûr, le client est roi, et c’est lui qui pourra choisir au final son type de plants. Nous ferons le maximum pour le satisfaire dans la mesure de nos possibilités. Puis c’est la confiance qui s’installe avec lui…

Voici quelques exemples de sollicitations:

« Je voudrais des chênes verts à feuilles piquantes, car à l’état naturel, c’est sur ceux-là que je trouve ! » : C’est vrai que la règle est de reproduire ce qui se passe à l’état naturel. Ce client, originaire de l’Hérault recevra des plants produits avec des semences truffières de son département !

« Moi, c’est sur les verts à feuilles de lauriers que j’ai les meilleurs résultats dans ma plantation Charentaise ! » : On les repère facilement en pépinière, surtout sur des origines de notre sud-ouest à feuillage moins coriace que dans le midi…

« J’ai une combe un peu gélive dans le Lot, il me faudrait des plants d’origine Nordiques, et pas très gros en plantant tard au printemps » Pas de soucis, nous avons ce type de matériel végétal dans nos provenances, et les consignes seront données pour satisfaire ce client trufficulteur !

« Je voudrais que vous me choisissiez des arbres branchus, qu’ils soient le reflet du port truffier naturel ! » On a ce type de port en pépinière, ce qui n’est pas le cas quand on utilise des semences forestières ou prises chez un grainetier, qui font souvent des plants plus droits et avec un chevelu racinaire moins fourni.

« Je voudrais des arbres qui fassent de grosses truffes et surtout pas des blanches de début de saison qui pourrissent ! » Plaisanterie et clin d’œil mis à part, c’est aussi dans cet état d’esprit que nous achetons nos truffes pour nos inoculations, de calibre convenable et surtout à maturité à la mi saison.

Même s’il n’y a pas de transmission génétique à 100%, comme pour les semences, autant faire ce peu, car nous y croyons, mais n’oublions pas aussi que le terrain et la nature gèrent…, sachons donc rester humble en matière de trufficulture.

A votre écoute !